Nous avons profité d’une soirée passée ensemble dans un bar pour faire ce défi.
C’est très contrariant d’avoir à verbaliser ce que le cerveau fait tout seul d’habitude.
En temps normal votre épaule vous gratte, vous vous grattez l’épaule. Pas besoin de savoir laquelle ni où, c’est un automatisme.
Quand on utilise la main de quelsu’un d’autre c’est beaucoup plus compliqué.
Déjà il faut déterminer si c’est lépaule gauche ou droite qui vous gratte.
Ensuite il faut demander à votre prête main de vous gratter l’épaule gauche.
Votre prête main se trompe, il faut rectifier : l’autre gauche
Même s’il y met toute sa volonté, il gratte forcément à côté
Plus haut, non plus bas, non p^lus à droite.
Le temps qu’il trouve ça ne me gratte déjà plus.
J’ai soif.
Boire avec un prête main ça n’est pas une mince affaire
Quand vous avez soif, hop vous soulevez le verre, buvez et cc’est règlé.
Là il faut dire, tu peux me donner à boire s’il te plait ?
Votre prête main approche maladroitement votre verre de votre bouche
Il le penche et là vous regrettez d’avoir commandé de la grenadine. Une évian aurait aussi bien fait l’affaire. Ça dégouline.
Il doit ensuite attrapper une serviette derrière le bar et essayer de minimiser les dégâts.
Si votre prête main est masculin, c’est là que ça se complique. Parce qu’il faut aller aux toilettes pour rincer ça.
Tant pis, nous allons côté filles.
Frotte là. Non doucement tu vas le faire boulocher.
Et là personne ne comprend pourquoi j’ai besoin qu’un homme me serve de main dans les toilettes des filles
D’autant que de toute évidence j’ai deux mains. En état de fonctionnement.
Sauf qu’elles servent à Tiblond. Mais ça personne ne semble s’en rendre compte.
Nous sortons sous les regards dédaineux.
Pouce ai-je envie de crier quand Tiblond me demande s’il me semble qu’on a assez de matière pour écrire nos billets.
Oui il me semble que c’est assez dis-je de manière très civilisée.
Echanger ses mains, c’est de la torture et ça peut vite vous transformer en harpie si vous ne faites pas attention !